Le liquide de refroidissement joue un rôle essentiel dans la protection et le bon fonctionnement de votre moteur. Mal choisi, il peut provoquer une surchauffe, de la corrosion ou même une casse moteur. Ce guide vous aide à identifier le produit adapté à votre véhicule en fonction de sa composition, de son type et des conditions climatiques.
Pourquoi le liquide de refroidissement est indispensable
Le liquide de refroidissement, aussi appelé antigel (mélange d’eau et d’additifs empêchant le gel et la surchauffe), remplit trois missions principales. Il régule la température du moteur en absorbant la chaleur produite lors de la combustion. Il protège le circuit contre le gel en hiver, évitant ainsi l’éclatement du radiateur ou du bloc moteur. Enfin, il prévient la corrosion des pièces métalliques et des joints grâce à ses additifs anticorrosion.
Un moteur fonctionne idéalement entre 90 et 100 degrés Celsius. Sans liquide de refroidissement adapté, cette température peut grimper dangereusement, entraînant une déformation des culasses, une usure prématurée des joints ou une panne totale. À l’inverse, en cas de gel, le liquide peut se solidifier et provoquer des fissures irréversibles.
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Les trois grandes familles de liquides de refroidissement
Il existe trois technologies principales, chacune adaptée à des générations de véhicules et à des besoins spécifiques. Comprendre leurs différences vous permet de faire le bon choix.
Liquide minéral (IAT)
La technologie IAT (technologie à additifs inorganiques) repose sur des silicates et des phosphates. Ces liquides, généralement de couleur verte ou bleue, équipent les véhicules fabriqués avant le milieu des années 90. Leur durée de vie est limitée : ils nécessitent un remplacement tous les deux à trois ans ou tous les 30 000 kilomètres. Leur protection contre la corrosion est efficace, mais moins durable que celle des formules modernes.
Liquide organique (OAT)
Les liquides OAT (technologie à acides organiques) contiennent des additifs organiques comme le sébacate. Ils sont conçus pour les moteurs modernes et offrent une protection prolongée, jusqu’à cinq ans ou 150 000 kilomètres. Souvent de couleur rouge, orange, jaune ou rose, ils sont généralement miscibles entre eux et respectent mieux l’environnement. Leur formule sans phosphate ni silicate réduit les dépôts et améliore la longévité du circuit de refroidissement.
Liquide hybride (HOAT)
Le type HOAT (technologie hybride à acides organiques) combine les avantages des deux précédents. Il associe des silicates à des inhibiteurs organiques, offrant ainsi une protection renforcée pour les véhicules récents et les moteurs soumis à des conditions extrêmes. Recommandé par de nombreux constructeurs européens et américains, il convient particulièrement aux normes antipollution Euro 6. Sa durée de vie atteint cinq ans. Les couleurs varient : vert, jaune, rose ou violet.
Choisir selon les températures de gel et d’ébullition
La norme française NFR 15601 classe les liquides de refroidissement en trois types selon leurs performances thermiques. Ce critère est déterminant si vous roulez dans des conditions climatiques particulières.
- Type 1 : protection contre le gel jusqu’à moins 15 degrés Celsius, point d’ébullition à 155 degrés. Adapté aux climats méditerranéens ou aux régions où les hivers sont doux.
- Type 2 : protection jusqu’à moins 18 degrés, point d’ébullition à 108 degrés. Convient aux zones tempérées et à la majorité des usages en France métropolitaine.
- Type 3 : protection jusqu’à moins 35 degrés, point d’ébullition à 155 degrés. Indispensable pour les régions froides, les trajets en montagne ou les hivers rigoureux.
Si vous habitez une région où les températures descendent régulièrement en dessous de zéro, privilégiez un liquide de type 3. Pour un usage urbain dans une zone au climat modéré, un type 2 suffit largement. Vérifiez toujours l’étiquette du produit, qui indique clairement ces seuils de température.
Respecter les préconisations du constructeur
Chaque constructeur automobile définit des spécifications précises pour le liquide de refroidissement. Ces recommandations figurent dans le carnet d’entretien de votre véhicule ou sur l’étiquette du vase d’expansion (réservoir transparent situé près du radiateur). Elles mentionnent souvent une référence technique, par exemple G11, G12, G12+, G12++, G13, ou encore des normes spécifiques comme ASTM D3306 ou BS 6580.
Utiliser un liquide non conforme peut altérer l’efficacité du système de refroidissement, endommager les joints ou provoquer des dépôts dans le circuit. Les véhicules de luxe européens, les modèles japonais et les utilitaires lourds ont parfois des exigences particulières. En cas de doute, consultez un professionnel ou référez-vous au manuel technique.
Peut-on mélanger différents liquides de refroidissement
Mélanger deux liquides de refroidissement différents est fortement déconseillé, sauf s’ils sont explicitement compatibles. Les réactions chimiques entre additifs inorganiques et organiques peuvent former des dépôts, réduire la protection anticorrosion ou boucher le circuit. Si vous devez faire un appoint en urgence, privilégiez de l’eau déminéralisée plutôt qu’un liquide inconnu.
Les liquides dits « universels » sont souvent de type OAT et peuvent être mélangés entre eux, mais restez vigilant. Vérifiez toujours l’étiquette et les mentions de miscibilité. Si vous changez de type de liquide, effectuez une vidange complète du circuit et un rinçage avant de remplir avec le nouveau produit. Cette opération garantit l’absence de résidus et préserve les performances du système.
Quand et comment vérifier le niveau
Le niveau de liquide de refroidissement doit être contrôlé régulièrement, idéalement tous les mois et avant un long trajet. Le vase d’expansion comporte deux repères : minimum et maximum. Le niveau doit se situer entre ces deux graduations, moteur froid. Si le niveau baisse fréquemment sans fuite visible, cela peut indiquer une consommation anormale ou une défaillance du joint de culasse.
Pour vérifier la couleur et l’état du liquide, ouvrez le bouchon du vase d’expansion uniquement moteur froid, jamais à chaud, sous peine de brûlure grave. Un liquide trouble, marron ou dégageant une odeur sucrée doit être remplacé. La fréquence de remplacement varie selon le type : tous les deux à trois ans pour un liquide minéral, tous les quatre à cinq ans pour un organique ou un hybride. Consultez le carnet d’entretien pour connaître l’intervalle préconisé par le constructeur.
Les erreurs fréquentes à éviter
Plusieurs erreurs peuvent compromettre la durabilité de votre moteur. Utiliser de l’eau du robinet au lieu d’eau déminéralisée favorise les dépôts calcaires. Négliger le remplacement du liquide usagé réduit la protection anticorrosion. Ouvrir le bouchon du radiateur moteur chaud expose à des projections brûlantes. Enfin, choisir un liquide inadapté à votre véhicule ou au climat local peut entraîner un gel ou une surchauffe.
Pensez également à recycler l’ancien liquide de refroidissement. Il contient des substances toxiques pour l’environnement et ne doit jamais être jeté dans les égouts ou dans la nature. Déposez-le dans une déchetterie ou chez un garagiste équipé pour le traiter.
