Solvants et dégraissants : utilisations spécifiques et précautions

Équipements et entretien Publié le 24 janvier 2026

Les solvants et dégraissants sont des produits indispensables dans tout atelier automobile ou mécanique. Ils permettent de nettoyer efficacement les pièces, de préparer les surfaces avant collage ou peinture, et d’éliminer graisses, huiles et résidus tenaces. Toutefois, leur utilisation nécessite une connaissance précise de leurs propriétés et des précautions adaptées pour garantir la sécurité des utilisateurs et préserver l’environnement.

Les différents types de solvants et dégraissants

Il existe deux grandes familles de dégraissants : ceux à base de solvants organiques et ceux à base d’eau. Chacune possède des caractéristiques propres qui déterminent leur usage en atelier.

Les dégraissants à base de solvant regroupent plusieurs catégories. Les solvants non halogénés incluent l’acétone, le white-spirit, les diluants de peinture et certains nettoyants pour freins. Ils sont généralement inflammables et très efficaces contre les graisses, huiles et résidus de colle. Les solvants halogénés, comme le trichloréthylène ou le dichlorométhane, ne sont pas inflammables mais présentent une toxicité élevée pour l’homme et l’environnement. Leur usage est désormais fortement réglementé, voire interdit dans certains contextes.

Les dégraissants à base d’eau sont moins agressifs pour les plastiques et plus respectueux de l’environnement. Ils conviennent pour un nettoyage léger ou en complément d’un dégraissant solvant. Leur efficacité reste toutefois limitée face aux graisses tenaces et aux résidus de silicone.

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Utilisations spécifiques en atelier automobile

Nettoyage des pièces mécaniques

L’acétone est particulièrement appréciée pour dégraisser les pièces métalliques avant assemblage ou soudure. Ce solvant volatile (substance qui s’évapore rapidement à température ambiante) ne laisse aucun résidu et garantit une surface parfaitement propre. Il convient aussi pour éliminer les traces de colle, de résine ou de peinture sèche sur le verre et le métal.

Le white-spirit, moins volatil, est utilisé pour nettoyer les pièces mécaniques enduites de graisse épaisse. Attention : il laisse un léger film gras sur les surfaces traitées et peut dégrader les parties en caoutchouc. Il est donc déconseillé sur les joints et les durites.

Les nettoyants pour freins, souvent à base d’hydrocarbures aliphatiques ou d’acétone, permettent de dégraisser rapidement les disques, plaquettes et étriers. Leur évaporation rapide évite tout risque de contamination lors du remontage.

Préparation des surfaces avant peinture ou collage

Un mauvais dégraissage peut compromettre l’adhérence des mastics, apprêts et peintures, entraînant des défauts visibles et coûteux à corriger. Avant toute application, la surface doit être exempte de contaminants : graisses, huiles, silicones, poussières et polluants atmosphériques.

Une méthode efficace consiste à utiliser un dégraissant solvant en première étape, puis un dégraissant à l’eau pour un nettoyage optimal. Il est recommandé d’utiliser deux chiffons propres : le premier pour appliquer le produit, le second pour essuyer immédiatement. Cette technique évite la recontamination de la surface.

Dilution et nettoyage des outils

Le white-spirit est couramment employé pour diluer les peintures à l’huile et nettoyer les pinceaux ou outils ayant servi avec ce type de peinture. Pour les peintures à base d’eau, l’acétone ou l’alcool isopropylique sont plus adaptés.

L’essence F, quant à elle, dégraisse efficacement les textiles et les métaux. Elle est utilisée pour éliminer les taches de goudron ou de graisse sur les vêtements de travail.

Précautions de sécurité et réglementation

Risques pour la santé

Une exposition régulière aux solvants, même à faible dose, peut entraîner des atteintes graves et parfois irréversibles. Les principaux risques incluent des affections cutanées (irritations, allergies), des troubles respiratoires, des atteintes du système nerveux, du foie et des reins. Certains solvants, comme le trichloréthylène, sont classés cancérogènes probables.

Les solvants pénètrent dans l’organisme par trois voies : respiratoire (inhalation de vapeurs), cutanée (contact direct avec la peau) et digestive (ingestion accidentelle). Il est donc impératif de ne jamais se laver les mains avec un solvant, car cela favorise la pénétration cutanée et provoque des irritations.

Risques d’incendie et d’explosion

La plupart des solvants organiques non halogénés sont inflammables en raison de leur volatilité. L’acétone, par exemple, possède un point d’éclair (température à laquelle un liquide émet suffisamment de vapeurs pour s’enflammer) inférieur à zéro degré Celsius. Le stockage doit donc s’effectuer dans des locaux ventilés, à l’écart de toute source de chaleur ou d’étincelle.

Équipements de protection individuelle

Le port d’équipements de protection individuelle est obligatoire lors de la manipulation de solvants. Il comprend :

Travailler dans un espace bien ventilé est essentiel pour limiter l’inhalation de vapeurs. L’installation de systèmes de captation des vapeurs à la source améliore considérablement la sécurité.

Stockage et gestion des déchets

Les solvants usés contiennent des impuretés appelées charges, qui peuvent être des composés en solution ou des particules en suspension. Selon la réglementation, les utilisateurs de solvants sont responsables de leur élimination. Ces produits doivent être stockés dans des fûts étanches, clairement identifiés, et ne jamais être mélangés entre eux pour des raisons de sécurité et de régénération.

Les déchets contenant des solvants sont considérés comme dangereux. Ils doivent être collectés séparément et confiés à des organismes agréés pour leur traitement ou leur valorisation. La directive européenne fixe des seuils d’émissions de composés organiques volatils pour les secteurs d’activité utilisant des solvants, afin de limiter leur impact environnemental.

Alternatives et bonnes pratiques

Pour réduire l’exposition aux solvants dangereux, il est recommandé de privilégier la substitution par des produits moins nocifs. Les dégraissants enzymatiques, par exemple, sont inoffensifs pour l’environnement et ne présentent pas de menace pour l’homme. Ils constituent une alternative intéressante pour certaines tâches de nettoyage.

L’alcool isopropylique et le liquide vaisselle peuvent remplacer les solvants pour des tâches moins exigeantes, comme le nettoyage léger d’outils ou de surfaces peu encrassées. Ces produits sont moins toxiques et plus faciles à manipuler.

Parmi les bonnes pratiques, on retiendra : lire systématiquement l’étiquette et la fiche de données de sécurité avant utilisation, limiter les quantités stockées en atelier, former et sensibiliser les équipes aux risques, et privilégier le travail en système clos ou avec captation des vapeurs. Respecter les temps de séchage et les recommandations du fabricant permet d’éviter les dommages sur les surfaces traitées et de garantir un résultat optimal.

En adoptant ces précautions et en choisissant le bon produit pour chaque usage, vous assurez la sécurité de votre atelier tout en préservant la qualité de vos interventions mécaniques et de carrosserie.


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