Traitement des fluides absorbés : élimination conforme à la réglementation

Équipements et entretien Publié le 24 janvier 2026

Lorsqu’un absorbant industriel capte un liquide polluant, il devient lui-même un déchet dangereux. Sa gestion obéit alors à des règles strictes imposées par le Code de l’Environnement. Respecter ces obligations protège l’environnement, limite les risques sanitaires et évite les sanctions administratives ou pénales.

Pourquoi les absorbants souillés sont-ils considérés comme des déchets dangereux

Un absorbant souillé prend la nature du liquide qu’il a capté. S’il a absorbé de l’huile, des hydrocarbures ou un solvant, il hérite de leurs propriétés polluantes et toxiques. Le Code de l’Environnement classe ces matières sous les catégories 13 (huiles et combustibles liquides usagés) et 15 (chiffons d’essuyage et matériaux filtrants). Cette classification impose un traitement spécifique, distinct des déchets banals.

Le producteur du déchet reste responsable jusqu’à son élimination totale. Cette responsabilité couvre le stockage, le transport et le traitement final, même si ces opérations sont confiées à des prestataires agréés. Toute négligence expose l’entreprise à des poursuites et à des coûts de remise en état élevés.

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Stockage temporaire : règles et équipements adaptés

Avant leur collecte, les absorbants souillés doivent être entreposés dans des contenants étanches, clairement identifiés. Ces récipients portent une étiquette précisant la nature du déchet et le code de classification. Le stockage s’effectue sur une zone équipée d’une rétention (dispositif empêchant tout écoulement vers le sol ou les réseaux d’eau). La capacité de rétention doit atteindre au minimum cent pour cent du volume du plus grand contenant ou cinquante pour cent de la capacité totale des récipients associés.

Les absorbants doivent rester à l’abri de la chaleur, des sources d’ignition et des intempéries. Un stockage prolongé augmente les risques de dégradation du contenant et de fuite. Il convient donc de planifier une collecte régulière, en fonction des volumes générés par l’activité.

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Bordereau de suivi des déchets dangereux : obligation et traçabilité

Tout transfert d’absorbants souillés vers un centre de traitement exige un bordereau de suivi des déchets dangereux (BSDD). Ce document officiel accompagne le déchet du site de production jusqu’à son élimination finale. Il identifie le producteur, le transporteur, le destinataire et la nature exacte du déchet. Chaque acteur de la chaîne signe le bordereau, attestant ainsi la prise en charge et le traitement conforme.

L’entreprise productrice conserve une copie du bordereau pendant cinq ans. Cette traçabilité permet de prouver la conformité en cas de contrôle par les autorités environnementales. L’absence de bordereau ou une gestion documentaire défaillante constituent des infractions passibles d’amendes et de sanctions administratives.

Filières de traitement et valorisation

Les absorbants souillés rejoignent les mêmes filières que les produits qui les ont contaminés. Deux voies principales existent : l’incinération en centre agréé et la valorisation énergétique. L’incinération détruit les composés dangereux à haute température, générant un taux de résidus inférieur à zéro virgule zéro deux pour cent de cendres. La valorisation énergétique récupère la chaleur produite pour alimenter des process industriels ou des réseaux de chauffage.

Le choix de la filière dépend de la nature du liquide absorbé et des capacités des centres de traitement locaux. Les absorbants en textile polypropylène non tissé facilitent l’incinération car ils sont près de dix fois moins lourds que les absorbants en poudre, à capacité d’absorption égale. Cette légèreté réduit les volumes de déchets et optimise les coûts de transport et de traitement.

Coûts indicatifs

Prévention et optimisation de la gestion des absorbants

Réduire la quantité de déchets générés commence par le choix d’absorbants performants. Les matériaux en polypropylène absorbent dix à vingt-cinq fois leur poids en hydrocarbures, selon la viscosité du liquide. Leur caractère hydrophobe (qui repousse l’eau) et oléophile (qui attire les huiles) permet de cibler uniquement les polluants, limitant ainsi le volume de déchets.

La formation du personnel joue un rôle clé. Connaître les gestes d’intervention rapide, les zones de stockage et les procédures de traçabilité évite les erreurs coûteuses. Un kit anti-pollution bien dimensionné et régulièrement inspecté garantit une réactivité optimale en cas de fuite ou de déversement accidentel.

L’audit périodique des pratiques de gestion des déchets identifie les points d’amélioration. Collaborer avec des collecteurs agréés et des centres de traitement certifiés sécurise la conformité réglementaire et valorise l’image environnementale de l’entreprise.


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