Manipuler des produits chimiques en atelier automobile expose à des risques sérieux : brûlures, irritations cutanées, projections oculaires ou inhalation de vapeurs toxiques. Pour travailler en toute sécurité, il est essentiel de s’équiper d’équipements de protection individuelle (dispositifs portés par le travailleur pour réduire son exposition aux dangers) adaptés à chaque type de produit et de tâche. Gants résistants, lunettes de protection, tabliers étanches et masques respiratoires constituent la base d’une protection efficace contre les liquides de frein, solvants, dégraissants ou acides de batterie.
Les gants de protection chimique : choisir le bon matériau
Les gants représentent la première barrière contre le contact direct avec les produits chimiques. Leur efficacité dépend du matériau utilisé et de sa compatibilité avec les substances manipulées. Plusieurs options existent sur le marché.
Les gants en nitrile offrent une excellente résistance aux hydrocarbures, huiles moteur, essences et dégraissants pétroliers. Ce caoutchouc synthétique résiste trois à cinq fois mieux à la perforation que le latex naturel. Il convient parfaitement aux ateliers de mécanique et de carrosserie où l’on manipule régulièrement des solvants et des produits à base de pétrole.
Les gants en néoprène (polychloroprène, un élastomère synthétique résistant) se distinguent par leur protection contre les acides, les bases et certains solvants. Ils conservent leur flexibilité même en environnement froid et résistent bien à la perforation. Ils sont recommandés pour la manipulation de liquides de refroidissement ou d’acides de batterie.
Les gants en butyle protègent efficacement contre les gaz, les cétones et une large gamme de produits chimiques agressifs. Bien que moins courants en atelier automobile, ils restent indispensables pour certaines interventions spécifiques nécessitant une résistance chimique maximale.
Le latex naturel, confortable et souple, convient surtout aux produits à base d’eau mais présente deux limites majeures : il protège mal contre les produits pétroliers et peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes.
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Normes et certifications des gants de protection
Pour garantir une protection fiable, les gants doivent répondre à des normes européennes strictes. La norme EN 420 définit les exigences générales de conception, de fabrication et de marquage. Elle impose des critères d’ergonomie, d’innocuité et de dextérité.
La norme EN 374 concerne spécifiquement la résistance aux produits chimiques. Elle classe les gants en trois types selon leur performance :
- Type A : résistance élevée, protection contre au moins six produits chimiques pendant trente minutes ou plus
- Type B : résistance intermédiaire, protection contre au moins trois produits chimiques pendant trente minutes ou plus
- Type C : résistance minimale, protection contre au moins un produit chimique pendant dix minutes minimum
Ces normes s’appuient sur trois tests essentiels. Le test de pénétration (EN 374-2) vérifie l’étanchéité du gant face aux liquides. Le test de perméation (EN 16523-1) mesure le temps nécessaire à une molécule chimique pour traverser le matériau. Le test de dégradation (EN 374-4) évalue l’altération des propriétés physiques du gant au contact du produit.
Les pictogrammes présents sur l’emballage indiquent les substances chimiques testées, identifiées par des lettres de A à T. Cette information permet de vérifier rapidement la compatibilité avec les produits utilisés en atelier.
Protection oculaire et faciale contre les projections
Les yeux constituent une zone particulièrement vulnérable aux éclaboussures de produits chimiques. Les lunettes de protection en polycarbonate offrent une résistance aux chocs et aux projections tout en restant légères et confortables. Elles doivent couvrir les côtés pour empêcher toute infiltration latérale.
Pour les interventions à risque élevé de projection, comme le transvasement de liquides corrosifs ou le nettoyage de pièces au solvant, les lunettes-masques enveloppantes apportent une protection complète. Leur joint en mousse ou en caoutchouc assure une étanchéité optimale autour du visage.
Certaines lunettes intègrent des traitements antibuée ou antirayures pour maintenir une visibilité claire pendant toute la durée du travail. Il est important de les nettoyer régulièrement avec des produits adaptés pour préserver ces propriétés.
Entretien et remplacement des protections oculaires
Les lunettes doivent être inspectées avant chaque utilisation. Toute rayure profonde, fissure ou déformation impose un remplacement immédiat. Un rangement dans un étui rigide prolonge leur durée de vie et évite les dommages accidentels.
Vêtements de protection : tabliers et combinaisons
Le corps nécessite également une protection adaptée lors de la manipulation de volumes importants de produits chimiques. Les tabliers en PVC ou en néoprène protègent le torse et les jambes contre les éclaboussures. Leur surface imperméable empêche la pénétration des liquides et facilite le nettoyage après usage.
Les combinaisons jetables en matériau microporeux conviennent aux travaux de peinture ou de traitement anticorrosion. Elles offrent une barrière contre les particules fines, les aérosols et les liquides tout en permettant l’évacuation de la transpiration. Disponibles en plusieurs tailles, elles s’adaptent à toutes les morphologies.
Pour les interventions nécessitant une protection maximale, les combinaisons réutilisables en nylon et coton enduit offrent résistance et durabilité. Elles se lavent en machine et supportent de nombreux cycles d’utilisation, ce qui les rend économiques sur le long terme.
Les sur-chaussures avec semelle antidérapante complètent la protection en évitant le contact des chaussures avec les produits renversés. Elles préviennent également la contamination croisée entre différentes zones de l’atelier.
Protection respiratoire et bonnes pratiques
Les vapeurs de solvants, les aérosols de peinture et les émanations de produits chimiques menacent les voies respiratoires. Les masques jetables de type FFP2 ou FFP3 filtrent efficacement les particules fines et certaines vapeurs organiques. Le chiffre indique le taux de filtration : FFP2 filtre au moins quatre-vingt-quatorze pour cent des particules, FFP3 au moins quatre-vingt-dix-neuf pour cent.
Pour une protection renforcée, les demi-masques réutilisables équipés de cartouches filtrantes interchangeables s’adaptent à différents types de contaminants. Les cartouches A protègent contre les vapeurs organiques, les cartouches B contre les gaz inorganiques, les cartouches E contre les gaz acides. Il faut remplacer les cartouches selon les recommandations du fabricant ou dès qu’une odeur se fait sentir.
Au-delà des équipements, quelques règles simples renforcent la sécurité. Travailler dans un espace bien ventilé réduit la concentration de vapeurs nocives. Stocker les produits chimiques dans leurs contenants d’origine étiquetés évite les confusions dangereuses. Se laver soigneusement les mains après chaque manipulation, même avec des gants, limite les risques de contamination.
Les équipements de protection individuelle doivent être fournis gratuitement par l’employeur et réservés à un usage personnel. Une formation appropriée à leur utilisation, leur entretien et leurs limites garantit leur efficacité optimale. Inspecter régulièrement l’état des équipements et les remplacer dès les premiers signes d’usure constitue un réflexe indispensable pour maintenir un niveau de protection constant.
