Éthylotests : Pourquoi en avoir un dans sa voiture et comment bien le choisir ?

Équipements et entretien Publié le 25 janvier 2026

Même si la loi ne l’impose plus, conserver un éthylotest dans son véhicule reste un réflexe de prévention intelligent. Cet appareil simple permet de vérifier son taux d’alcoolémie avant de prendre le volant, évitant ainsi sanctions, accidents et drames. Face aux nombreux modèles disponibles, voici tout ce qu’il faut savoir pour faire le bon choix et l’utiliser efficacement.

Pourquoi garder un éthylotest dans sa voiture

L’alcool au volant représente près d’un tiers des accidents mortels sur les routes. Le risque d’être responsable d’un accident grave est multiplié par 8,5 lorsqu’on conduit en état d’ivresse. Disposer d’un éthylotest dans son habitacle offre un moyen rapide de s’autocontrôler après une consommation d’alcool, même modérée.

Les seuils légaux varient selon le profil du conducteur. Les titulaires d’un permis probatoire (permis obtenu depuis moins de trois ans) doivent respecter une limite de 0,2 gramme par litre de sang, soit 0,10 milligramme par litre d’air expiré. Pour les conducteurs expérimentés, le seuil autorisé est de 0,5 gramme par litre de sang, équivalent à 0,25 milligramme par litre d’air expiré. Un simple verre peut suffire à franchir ces limites.

Les sanctions en cas de dépassement sont lourdes. Entre 0,5 et 0,8 gramme par litre, l’amende atteint 135 euros et entraîne un retrait de six points sur le permis. Au-delà de 0,8 gramme, l’amende peut grimper jusqu’à 4 500 euros, accompagnée d’un retrait de six points, voire d’une peine de prison en cas de récidive. L’éthylotest devient alors un outil de prévention concret pour éviter ces conséquences.

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Les différents types d’éthylotests disponibles

Deux grandes familles d’éthylotests coexistent sur le marché, chacune répondant à des usages et des budgets distincts. Comprendre leurs spécificités aide à choisir le modèle adapté à ses besoins.

L’éthylotest chimique : simplicité et usage unique

L’éthylotest chimique fonctionne grâce à un réactif chimique, le dichromate de potassium (composé qui change de couleur au contact de l’alcool). Lorsqu’on souffle dans l’appareil, les cristaux virent du jaune au vert si de l’alcool est détecté. Ce dispositif est à usage unique et doit être jeté après chaque test.

Il existe deux variantes. Le modèle avec ballon nécessite de gonfler un sac pour obtenir un volume d’air suffisant. Le modèle sans ballon, plus compact, simplifie l’utilisation et réduit les déchets plastiques. Les deux versions affichent un résultat par code couleur, indiquant si le seuil légal est franchi ou non.

Le principal avantage de l’éthylotest chimique réside dans son prix abordable, généralement compris entre 1 et 2 euros l’unité. Il ne demande aucun entretien, aucun calibrage (réglage périodique pour garantir la précision) et reste prêt à l’emploi dès l’achat. En revanche, il ne fournit pas de valeur chiffrée précise et sa fiabilité peut être affectée par des températures extrêmes, notamment au-delà de 40 degrés.

L’éthylotest électronique : précision et réutilisation

L’éthylotest électronique utilise un capteur électrochimique (sonde qui mesure la concentration d’alcool dans l’air expiré) couplé à un capteur de pression de souffle. Il affiche le résultat sur un écran numérique en quelques secondes, avec une valeur chiffrée du taux d’alcoolémie. Certains modèles émettent un signal sonore ou lumineux lorsque le seuil légal est dépassé.

Ce type d’appareil est réutilisable jusqu’à 300 fois, selon les modèles. Il nécessite toutefois un embout buccal à usage unique pour chaque test, ainsi qu’une recharge ou un changement de piles régulier. Son principal inconvénient réside dans le coût initial, compris entre 100 et 1 000 euros, et l’obligation d’un calibrage annuel pour maintenir sa précision.

L’éthylotest électronique convient aux personnes qui souhaitent un suivi régulier de leur alcoolémie ou aux professionnels qui effectuent de nombreux tests. Sa fiabilité supérieure et son affichage chiffré en font un outil de prévention performant, à condition de respecter les consignes d’entretien.

Comment choisir le bon modèle selon son usage

Le choix d’un éthylotest dépend avant tout de la fréquence d’utilisation prévue. Pour un usage occasionnel, lors de soirées ponctuelles ou de sorties entre amis, l’éthylotest chimique suffit largement. Son faible coût permet d’en acheter plusieurs et de les conserver dans la boîte à gants sans craindre de les gaspiller.

Pour un usage régulier, notamment si vous sortez fréquemment ou si vous souhaitez contrôler systématiquement votre taux avant de conduire, l’éthylotest électronique devient plus rentable sur la durée. Malgré son prix d’achat élevé, il s’amortit rapidement si vous l’utilisez plusieurs fois par mois.

La certification constitue un critère déterminant. Privilégiez toujours un éthylotest portant la marque NF (Norme Française attestant de la conformité et de la fiabilité du produit). Les éthylotests chimiques doivent répondre à la norme NFX 20-702, tandis que les modèles électroniques respectent la norme NFX 20-704 ou EN 16280. Ces certifications garantissent que l’appareil a été testé selon des protocoles stricts et qu’il offre des résultats fiables.

Vérifiez également la date de péremption sur les éthylotests chimiques. Ces dispositifs ont généralement une durée de validité de deux ans à compter de leur fabrication. Un éthylotest périmé peut fournir des résultats erronés et doit être remplacé.

Conseils pratiques pour bien utiliser son éthylotest

L’efficacité d’un éthylotest repose autant sur la qualité de l’appareil que sur la méthode d’utilisation. Respectez toujours un délai d’attente d’au moins vingt minutes après avoir consommé de l’alcool avant de réaliser le test. Ce temps permet à l’alcool de se diffuser dans l’organisme et d’obtenir une mesure représentative de votre taux réel.

Lisez attentivement la notice d’utilisation fournie avec l’appareil. Chaque modèle peut présenter des spécificités dans le mode de soufflage, la durée d’expiration ou l’interprétation des résultats. Pour les éthylotests chimiques, réchauffez le tube d’analyse et l’embout buccal en les frottant entre vos mains avant usage, surtout par temps froid.

Conservez vos éthylotests dans un endroit sec et tempéré, à l’abri de la lumière directe du soleil. Les fortes chaleurs, notamment dans une voiture garée en plein été, peuvent altérer les réactifs chimiques et fausser les résultats. Si vous utilisez un éthylotest électronique, n’oubliez pas de le faire calibrer chaque année auprès d’un professionnel agréé.

Les erreurs fréquentes à éviter

Plusieurs erreurs courantes peuvent compromettre la fiabilité d’un test d’alcoolémie. Ne réutilisez jamais un éthylotest chimique à usage unique, même si le résultat précédent était négatif. Le réactif chimique se consume lors du premier test et ne peut plus fournir de mesure valable.

Évitez de souffler immédiatement après avoir bu ou mangé. Les résidus d’alcool présents dans la bouche peuvent fausser la lecture et indiquer un taux supérieur au taux sanguin réel. Rincez-vous la bouche à l’eau claire et attendez le délai recommandé avant de tester.

Ne vous fiez pas uniquement à votre ressenti. L’alcool altère la perception de ses propres capacités, et beaucoup de conducteurs se croient aptes à conduire alors que leur taux dépasse la limite légale. L’éthylotest apporte une mesure objective, indépendante de votre état subjectif.

Enfin, n’oubliez pas que même un résultat négatif ne garantit pas une conduite sans risque. L’alcool ralentit les réflexes et altère le jugement, même en dessous des seuils légaux. En cas de doute, privilégiez toujours une solution alternative : transport en commun, taxi, conducteur sobre ou nuit sur place.


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