Choisir une Harley-Davidson avec un permis A2 n’est plus un rêve inaccessible. Grâce aux systèmes de bridage électronique et aux modèles conçus pour respecter la limite de 35 kilowatts, les jeunes motards peuvent désormais profiter de l’univers custom américain dès leurs débuts. Ce guide vous aide à sélectionner le modèle adapté à votre morphologie et à vos besoins, tout en intégrant les bonnes pratiques de sécurité.
Comprendre les contraintes du permis A2
Le permis A2 impose des limites strictes pour garantir la sécurité des conducteurs débutants. La puissance maximale autorisée est fixée à 35 kilowatts, soit 47,5 chevaux. Cette restriction s’accompagne d’un rapport puissance-poids qui ne doit pas dépasser 0,2 kilowatt par kilogramme. Ces règles visent à offrir une moto suffisamment dynamique sans exposer le pilote à une puissance excessive.
Pour qu’une moto puisse être bridée légalement, sa puissance d’origine ne doit pas excéder 70 kilowatts. Ce plafond garantit que le bridage (limitation électronique de la puissance pour respecter les normes réglementaires) reste proportionné et sûr. Harley-Davidson propose aujourd’hui plusieurs solutions : des modèles natifs A2 qui respectent naturellement ces limites, et des machines plus imposantes équipées de moteurs Milwaukee-Eight ou Revolution Max, bridables par reprogrammation électronique homologuée.
Le bridage doit être réalisé par un concessionnaire agréé, qui utilise un boîtier Tactrix et un logiciel Bitbox pour modifier la cartographie moteur. Une fois l’opération terminée, un certificat de conformité est délivré, indispensable pour mettre à jour la carte grise. Le coût de cette intervention varie entre 320 et 480 euros selon le moteur concerné. À l’issue de la période A2, un débridage peut être effectué pour retrouver la puissance d’origine, moyennant environ 170 euros.
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Les modèles Harley-Davidson compatibles A2
La gamme Harley-Davidson accessible aux détenteurs du permis A2 s’est considérablement enrichie. Plusieurs familles de motos répondent aux exigences légales, offrant des profils variés pour s’adapter à tous les gabarits et styles de conduite.
Les modèles natifs A2
La Nightster 975 incarne l’entrée de gamme moderne de la marque. Équipée d’un moteur bicylindre Revolution Max de 975 centimètres cubes refroidi par liquide, elle développe 47 chevaux et affiche un poids contenu de 221 kilogrammes. Sa hauteur de selle de 705 millimètres la rend accessible, tandis que son réservoir de 11,7 litres assure une autonomie correcte. Ce modèle propose trois modes de conduite (Road, Sport et Rain), un écran numérique, un contrôle de motricité et un freinage antiblocage de série.
La Sportster S monte en gamme avec son moteur Revolution Max 1250, bridé à 47,5 chevaux mais offrant un couple généreux de 127 newtons-mètres. Sa selle culmine à 755 millimètres, ce qui convient aux pilotes de taille moyenne à grande. L’équipement électronique est complet, avec plusieurs aides à la conduite pour sécuriser les trajectoires.
Parmi les anciennes références, la Street 750 reste prisée sur le marché de l’occasion. Avec 223 kilogrammes sur la balance et une selle à 720 millimètres, elle constitue une option abordable pour débuter dans l’univers Harley-Davidson, souvent disponible sous la barre des 7 500 euros en neuf.
Les modèles Softail et Touring bridables
Depuis la validation du bridage des moteurs Milwaukee-Eight 114 (1868 centimètres cubes), une vingtaine de modèles des gammes Softail et Touring deviennent accessibles aux permis A2. La Softail Standard figure parmi les choix les plus populaires : son moteur de 1746 centimètres cubes est ramené à 45 chevaux, pour un poids de 297 kilogrammes et une selle basse à 680 millimètres. Ce modèle offre le gabarit et le couple caractéristiques des grosses Harley, tout en restant homologable A2.
Le Street Bob 114, avec sa ligne épurée et sa position de conduite relevée, séduit les amateurs de customs musclés. Malgré ses 297 kilogrammes, sa selle à 680 millimètres et son couple de 155 newtons-mètres à bas régime en font une machine docile à piloter une fois bridée. Le Sport Glide, plus lourd avec 317 kilogrammes, compense par une selle encore plus basse (673 millimètres) et un équipement touring léger, idéal pour les escapades.
Les modèles Touring comme l’Electra Glide, le Road King ou le Street Glide Special peuvent également être bridés à partir des millésimes correspondants. Ces machines imposantes (plus de 400 kilogrammes pour certaines) s’adressent aux pilotes expérimentés souhaitant débuter sur une moto qu’ils conserveront après obtention du permis A complet.
Critères de choix pour votre Harley A2
Sélectionner sa première Harley-Davidson nécessite de prendre en compte plusieurs paramètres techniques et morphologiques. Une machine inadaptée peut compromettre la sécurité et le plaisir de conduite.
Poids et maniabilité
Le poids constitue un critère déterminant pour les débutants. Les modèles légers comme la Nightster (221 kilogrammes) ou la Street 750 (223 kilogrammes) pardonnent plus facilement les erreurs de pilotage et se manœuvrent aisément à basse vitesse. À l’inverse, les Softail et Touring dépassent souvent 300 kilogrammes, exigeant une meilleure maîtrise lors des manœuvres de stationnement ou des arrêts fréquents en ville.
Un poids élevé n’est pas rédhibitoire si la répartition des masses est bien pensée et si la hauteur de selle permet de poser fermement les pieds au sol. Toutefois, pour un premier contact avec l’univers custom, privilégier une machine sous 260 kilogrammes facilite grandement l’apprentissage.
Hauteur de selle et ergonomie
La hauteur de selle détermine votre capacité à stabiliser la moto à l’arrêt. Idéalement, vous devez pouvoir poser la plante des deux pieds au sol simultanément. Les modèles Harley-Davidson offrent une large palette : de 670 millimètres pour le Fat Boy jusqu’à 765 millimètres pour le Street Rod. Les pilotes de petite taille (moins de 1,70 mètre) s’orienteront vers les selles basses (680-705 millimètres), tandis que les gabarits plus grands apprécieront les positions relevées.
Certains concessionnaires proposent des selles surbaissées ou des kits de rabaissement pour gagner quelques centimètres précieux. Ces modifications, réalisées dans les règles, améliorent le confort et la confiance sans altérer le comportement routier.
Usage prévu et équipement
Définissez clairement l’utilisation de votre moto. Pour un usage majoritairement urbain, les modèles compacts comme la Nightster ou la Street 750 brillent par leur agilité. Si vous envisagez des trajets routiers réguliers ou des week-ends prolongés, les Softail Standard ou Sport Glide offrent plus de confort et de capacité de chargement grâce à leurs sacoches et leur protection au vent.
Vérifiez l’équipement de série : freinage antiblocage, contrôle de traction, modes de conduite et éclairage à diodes électroluminescentes constituent des atouts sécuritaires non négligeables. Les modèles récents intègrent généralement ces technologies, alors que les machines d’occasion plus anciennes peuvent en être dépourvues.
Conseils de sécurité pour rouler en Harley A2
Piloter une custom américaine impose des réflexes spécifiques, différents de ceux acquis sur une routière ou un roadster. Adopter les bonnes pratiques dès le début forge un pilotage sûr et durable.
Équipement de protection
Le port d’un équipement complet et homologué n’est pas négociable. Casque intégral ou modulable, gants certifiés, blouson avec protections dorsales, coudes et épaules, pantalon renforcé et bottes montantes constituent le minimum syndical. Les customs invitent parfois à un style décontracté, mais la sécurité prime toujours sur l’esthétique. Privilégiez des matériaux résistants à l’abrasion comme le cuir ou les textiles techniques certifiés.
Pensez également aux protections supplémentaires : gilet airbag, protections de hanches et de genoux amovibles. Ces équipements réduisent considérablement les conséquences d’une chute, même à vitesse modérée.
Maîtriser les spécificités des customs
Les Harley-Davidson se distinguent par leur centre de gravité bas, leurs repose-pieds avancés et leur couple généreux à bas régime. Cette configuration favorise la stabilité en ligne droite mais demande de l’anticipation dans les virages serrés. Prenez le temps de vous familiariser avec l’angle d’inclinaison maximal et les points de contact des repose-pieds ou du silencieux au sol.
Le couple moteur, même bridé, reste impressionnant sur les gros cubes. Dosez l’accélérateur avec douceur, surtout sur chaussée humide ou froide. Les aides électroniques (contrôle de traction, freinage antiblocage) interviennent en dernier recours : une conduite anticipée et fluide reste la meilleure prévention.
Formation continue et pratique régulière
Suivre des stages de perfectionnement post-permis améliore significativement vos compétences. Ces formations abordent le freinage d’urgence, l’évitement d’obstacles, la gestion des situations dégradées et la conduite défensive. Elles renforcent votre confiance et votre capacité à réagir face à l’imprévu.
Pratiquez régulièrement, y compris hors saison. La moto exige une coordination fine et des automatismes qui s’entretiennent par la répétition. Variez les conditions de conduite (ville, route, autoroute) pour développer une palette de compétences complète.
Budget et démarches administratives
Acquérir une Harley-Davidson A2 représente un investissement conséquent. Les tarifs des modèles neufs s’échelonnent de 15 200 euros pour la Nightster jusqu’à plus de 20 000 euros pour les Softail Standard ou Sport Glide. Le marché de l’occasion offre des opportunités intéressantes, avec des machines récentes et peu kilométrées à des prix plus abordables.
Prévoyez un budget additionnel pour l’équipement complet (1 000 à 2 000 euros), l’assurance jeune conducteur (souvent majorée) et l’entretien régulier. Les Harley-Davidson exigent une maintenance rigoureuse pour préserver leur fiabilité et leur valeur de revente.
Sur le plan administratif, le bridage doit figurer sur la carte grise. Le concessionnaire vous remettra le certificat de conformité nécessaire à cette démarche. Conservez précieusement ce document : les forces de l’ordre peuvent contrôler la puissance réelle de votre moto, et un bridage non déclaré expose à des sanctions lourdes (amende jusqu’à 1 500 euros, retrait de points, immobilisation du véhicule, refus de prise en charge par l’assurance).
Évolution vers le permis A
Après deux ans de permis A2, une formation de sept heures sans examen final permet d’accéder au permis A et de débrider votre machine. Cette passerelle ouvre l’accès à toute la gamme Harley-Davidson, des sportives aux tourings les plus imposants. Si vous avez opté pour un modèle bridé, le débridage restitue la puissance d’origine et transforme radicalement le caractère de la moto.
Anticipez cette évolution dès l’achat initial : choisir un modèle bridable plutôt qu’un natif A2 vous permet de conserver votre moto et d’en exploiter pleinement le potentiel une fois la passerelle effectuée. Cette stratégie s’avère souvent plus économique qu’un changement de machine.
