Le transport et le stockage de carburant imposent des règles strictes de sécurité. Utiliser un récipient homologué n’est pas une simple recommandation, mais une obligation légale pour prévenir les risques d’accident. Comprendre les normes applicables aux jerricans permet de circuler en toute conformité et de garantir la sécurité de tous.
Qu’est-ce qu’un jerrican homologué et pourquoi est-il obligatoire
Un jerrican homologué est un récipient certifié conforme aux exigences de transport des matières dangereuses. Cette homologation garantit que le contenant résiste aux contraintes mécaniques, thermiques et chimiques liées au carburant. L’accord ADR (Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route) encadre ces obligations depuis sa signature à Genève.
L’homologation se vérifie grâce à un marquage spécifique gravé ou moulé sur le récipient. Ce marquage comporte le symbole de l’Organisation des Nations Unies, un code alphanumérique détaillant le type de matériau, la capacité maximale et le groupe d’emballage (niveau de dangerosité du produit transporté). Sans cette certification visible, le transport de carburant devient illégal et expose à des sanctions.
Les jerricans non homologués présentent des risques majeurs : fuites, déformations sous pression, réactions chimiques avec le carburant ou rupture en cas de choc. Utiliser un bidon inadapté, comme une bouteille en plastique ordinaire, est formellement interdit et dangereux.
Découvrir nos solutions d’entretien
Décryptage du marquage et des codes de certification
Le marquage apposé sur un jerrican homologué contient plusieurs informations essentielles. Il débute par le symbole de l’ONU, suivi d’un code matériau : « 3H1 » désigne un jerrican en plastique rigide non amovible, « 3A1 » un jerrican en acier. Le chiffre suivant indique le groupe d’emballage : II pour l’essence (matière moyennement dangereuse) ou III pour le gasoil (matière faiblement dangereuse).
Viennent ensuite la masse maximale autorisée en kilogrammes, la pression d’épreuve en kilopascals, puis les deux derniers chiffres de l’année de fabrication. Pour les jerricans en plastique, le mois et l’année de fabrication doivent également figurer, car leur durée d’usage est limitée à cinq ans. Passé ce délai, le matériau peut se dégrader et perdre ses propriétés de résistance.
Le marquage comporte aussi le pays d’origine (code alphabétique), le nom ou le sigle du fabricant, et parfois le numéro d’agrément de l’organisme certificateur. Cette traçabilité complète permet de vérifier la conformité du récipient aux normes en vigueur et d’assurer un suivi en cas de défaut de fabrication.
Limites de transport et règles pour les particuliers
La réglementation fixe des seuils précis selon le type de carburant. Un particulier peut transporter jusqu’à 333 litres d’essence ou 1 000 litres de gasoil sans prescription spécifique, à condition que chaque récipient ne dépasse pas 60 litres de contenance. Ces limites correspondent aux catégories de transport définies par l’ADR : catégorie 2 pour l’essence (numéro ONU 1203, classe 3) et catégorie 3 pour le gasoil (numéro ONU 1202, classe 3).
Si vous transportez simultanément essence et gasoil, une formule de calcul s’applique : (quantité d’essence × 3) + quantité de gasoil ≤ 1 000. Cette pondération reflète la dangerosité supérieure de l’essence. Au-delà de ces seuils, le véhicule doit être équipé de panneaux orange, le conducteur doit détenir un certificat ADR (formation spécifique au transport de matières dangereuses), et des documents de bord deviennent obligatoires.
Pour le stockage à domicile, la quantité maximale autorisée pour un particulier est de 20 litres d’essence. Le local doit être ventilé, à l’écart de toute source de chaleur ou d’étincelle, et les récipients doivent rester fermés hermétiquement. Le gasoil bénéficie de règles plus souples en raison de son point d’éclair plus élevé.
Précautions de sécurité lors du transport et du stockage
Le transport de carburant exige des mesures strictes pour éviter tout incident. Les jerricans doivent être correctement calés et arrimés dans le véhicule pour empêcher tout mouvement ou renversement. Le coffre ou l’espace de chargement doit être propre et bien aéré. Il est formellement interdit d’ouvrir un récipient à bord du véhicule ou de fumer à proximité.
Avant toute manipulation, le moteur doit être arrêté et le véhicule stationné sur une surface plane, loin de toute flamme ou source d’ignition. Le port de gants de protection est recommandé pour éviter le contact prolongé avec le carburant, qui peut irriter la peau. Un extincteur portatif doit être accessible, ainsi qu’un gilet fluorescent et un éclairage portatif en cas d’intervention de nuit.
Après le transport, nettoyez soigneusement le véhicule pour éliminer toute trace de carburant renversé. Les vapeurs d’essence sont particulièrement volatiles et inflammables, même à température ambiante. Respecter ces consignes limite drastiquement les risques d’incendie ou d’explosion.
Erreurs fréquentes et sanctions encourues
Utiliser un récipient non homologué constitue l’infraction la plus courante. Certains automobilistes improvisent avec des bidons usagés ayant contenu d’autres produits, ce qui est strictement interdit : les résidus peuvent réagir chimiquement avec le carburant. D’autres dépassent la contenance maximale de 60 litres par récipient ou négligent l’arrimage, augmentant le risque de fuite en cas de freinage brusque.
Transporter des jerricans de moins de 5 litres doit être justifié par un dépannage d’urgence. Stocker plus de 20 litres d’essence à domicile sans autorisation spécifique expose à des poursuites. Les contrôles routiers vérifient régulièrement la conformité des récipients, notamment lors de périodes de tension sur l’approvisionnement en carburant.
Les sanctions varient selon la gravité : amende forfaitaire, immobilisation du véhicule, voire poursuites pénales en cas de mise en danger d’autrui. Les assurances peuvent également refuser toute prise en charge en cas d’accident impliquant un transport non conforme. Investir dans un jerrican homologué de qualité reste donc la seule option légale et sécurisée.
