Jerricans métalliques vs plastiques : Avantages et inconvénients

Outillage et EPI Publié le 24 janvier 2026

Choisir entre un jerrican métallique et un modèle en plastique ne se résume pas à une simple question de prix. Chaque matériau présente des caractéristiques propres qui influencent directement la sécurité, la durabilité et la conservation des liquides transportés. Comprendre ces différences permet d’opter pour le conteneur le mieux adapté à vos besoins réels.

Les caractéristiques du jerrican métallique

Le jerrican en métal, généralement fabriqué en acier galvanisé ou en aluminium, se distingue par sa robustesse exceptionnelle. Ce type de conteneur résiste aux chocs violents, aux variations de température extrêmes et aux conditions d’utilisation intensives. Sa structure rigide ne se déforme pas sous la pression, garantissant une étanchéité parfaite même après plusieurs manipulations.

La conservation des carburants constitue l’un des atouts majeurs du métal. Contrairement aux matériaux poreux, l’acier empêche toute évaporation des composés volatils et protège efficacement le contenu contre les rayonnements ultraviolets. Un carburant stocké dans un jerrican métallique conserve ses propriétés chimiques jusqu’à six mois, contre deux à trois mois dans un récipient en plastique.

Le métal offre également une sécurité accrue pour le stockage de liquides inflammables comme l’essence ou le gazole. Son caractère ininflammable réduit les risques en cas d’exposition à une source de chaleur. Les modèles homologués portent le marquage UN et respectent les normes ADR (accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route) pour les conteneurs de plus de dix litres.

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Les avantages du jerrican en plastique

Le plastique haute densité, ou PEHD (polyéthylène haute densité), représente le matériau de prédilection pour les jerricans légers. Ce polymère offre un rapport poids-volume particulièrement avantageux : un jerrican plastique de vingt litres pèse environ deux kilogrammes, contre cinq à six kilogrammes pour son équivalent métallique. Cette légèreté facilite considérablement le transport et la manipulation, surtout lorsque le conteneur est rempli.

Le coût d’acquisition constitue un autre argument de poids. Les jerricans en plastique sont généralement deux à trois fois moins onéreux que les modèles métalliques. Cette accessibilité les rend idéaux pour un usage occasionnel ou comme solution de dépannage. On les trouve facilement en grande surface, dans les magasins de bricolage ou les enseignes spécialisées.

Le PEHD présente une excellente résistance chimique. Il ne réagit pas avec les hydrocarbures, les huiles ou la plupart des produits corrosifs. Contrairement au métal, le plastique ne rouille jamais et ne nécessite aucun traitement anticorrosion. Les jerricans en plastique de qualité intègrent également des additifs anti-UV qui prolongent leur durée de vie en extérieur.

Les inconvénients de chaque matériau

Limites du jerrican métallique

Le poids représente le principal désavantage du métal. Un jerrican de vingt litres vide pèse déjà plusieurs kilogrammes, ce qui peut compliquer son utilisation pour certaines personnes. Une fois rempli, le poids total atteint vingt-cinq kilogrammes, rendant le transport physiquement exigeant.

La corrosion constitue une menace réelle pour les jerricans métalliques de qualité moyenne. L’humidité, le contact prolongé avec certains carburants et les rayures sur le revêtement protecteur favorisent l’apparition de rouille. Cette oxydation contamine progressivement le liquide stocké et peut percer le conteneur. Un entretien régulier et un stockage dans un endroit sec s’imposent pour préserver l’intégrité du jerrican.

Le prix d’achat élevé peut freiner les utilisateurs occasionnels. Un jerrican métallique homologué coûte entre quarante et quatre-vingts euros selon la capacité et la qualité de fabrication. Cet investissement se justifie pour un usage régulier ou professionnel, mais peut sembler disproportionné pour un besoin ponctuel.

Faiblesses du jerrican plastique

La porosité du plastique, même minime, permet une évaporation lente des composés volatils. Les vapeurs d’essence traversent progressivement les parois du conteneur, entraînant une perte de qualité du carburant et une légère diminution du volume. Ce phénomène s’accentue avec les variations de température et peut créer une pression interne qui déforme le jerrican.

La fragilité mécanique du plastique se révèle problématique lors de manipulations brutales. Les poignées, souvent le point faible des modèles économiques, peuvent se fissurer ou se casser sous le poids du contenu. Les chocs répétés fragilisent également les parois, créant des microfissures invisibles qui évoluent en fuites.

La durée de conservation limitée oblige à renouveler fréquemment le carburant stocké. Au-delà de trois mois, l’essence perd ses propriétés et peut endommager les moteurs. Cette contrainte rend les jerricans plastiques inadaptés pour constituer une réserve de longue durée ou pour un usage en raid motorisé.

Critères de choix selon l’usage

La fréquence d’utilisation oriente naturellement le choix du matériau. Pour un usage intensif ou professionnel, le jerrican métallique s’impose par sa durabilité et sa fiabilité. Les artisans, agriculteurs ou passionnés de sports motorisés privilégient ce type de conteneur qui résiste à des années de manipulations quotidiennes.

Le type de liquide transporté influence également la décision. Les carburants hautement inflammables nécessitent la sécurité du métal, tandis que l’eau, les produits alimentaires ou certains liquides de nettoyage se conservent parfaitement dans des jerricans plastiques certifiés contact alimentaire. Les huiles moteur et lubrifiants s’accommodent des deux matériaux sans restriction particulière.

La capacité de stockage souhaitée mérite réflexion. Les petits formats de cinq litres existent dans les deux matériaux et conviennent pour le dépannage. Les volumes de vingt litres et plus, destinés à constituer une réserve, gagnent en pertinence avec le métal qui préserve mieux la qualité du contenu sur la durée.

Le budget disponible reste un facteur décisif. Si l’investissement initial dans un jerrican métallique paraît conséquent, sa longévité supérieure amortit le coût sur plusieurs décennies. Un jerrican plastique de qualité, remplacé tous les cinq ans conformément aux recommandations, finit par coûter aussi cher à long terme.

Réglementation et normes de sécurité

La législation encadre strictement le stockage des carburants pour les particuliers. Un foyer peut conserver jusqu’à deux cent quarante litres de carburant, répartis dans des conteneurs homologués de soixante litres maximum chacun. Cette limite vise à prévenir les risques d’incendie et garantit une manipulation sécurisée.

Chaque jerrican doit obligatoirement porter plusieurs marquages réglementaires. Le monogramme UN (Organisation des Nations Unies) certifie que le conteneur a passé les tests de résistance aux chocs, à la pression et aux fuites. L’étiquette de danger représentant une flamme signale la présence de matière inflammable. La date de fabrication permet de vérifier que le jerrican n’a pas dépassé sa durée d’usage maximale de cinq ans.

L’homologation ADR devient obligatoire pour les jerricans de plus de dix litres destinés au transport routier de marchandises dangereuses. Cette certification garantit que le conteneur respecte des normes de construction renforcées et peut être transporté légalement dans un véhicule. Les modèles non homologués restent autorisés uniquement pour un stockage fixe sur une propriété privée.

Conseils d’entretien et de stockage

Un jerrican métallique requiert une attention particulière pour prévenir la corrosion. Après chaque utilisation, vérifiez l’absence de rayures profondes sur le revêtement protecteur. Stockez le conteneur dans un endroit sec, à l’abri de l’humidité. Évitez de laisser un jerrican vide fermé hermétiquement : l’air emprisonné favorise la condensation interne et accélère l’oxydation.

Les jerricans plastiques demandent moins d’entretien mais restent sensibles aux UV malgré les traitements. Privilégiez un stockage à l’ombre ou dans un local fermé pour prolonger leur durée de vie. Inspectez régulièrement les poignées et les zones de soudure, points faibles susceptibles de se fissurer. Remplacez immédiatement tout jerrican présentant une déformation ou une fuite, même minime.

Le stockage du carburant obéit à des règles strictes quel que soit le matériau. Placez les jerricans dans un endroit ventilé, loin de toute source de chaleur ou d’étincelle. Maintenez-les debout sur une surface stable pour éviter les renversements. Étiquetez clairement chaque conteneur avec le type de liquide et la date de remplissage pour faciliter la rotation des stocks.

Alternatives et solutions complémentaires

Certains utilisateurs optent pour une approche mixte en possédant les deux types de jerricans. Le modèle métallique sert alors de réserve principale pour le stockage longue durée, tandis que le plastique joue le rôle de conteneur de transfert léger et maniable. Cette stratégie combine les avantages de chaque matériau selon les situations.

Les jerricans avec bec verseur intégré, disponibles dans les deux matériaux, facilitent le transvasement sans risque de renversement. Les modèles équipés d’un système de mise à l’air automatique évitent les à-coups lors du versement et accélèrent le remplissage des réservoirs. Ces accessoires améliorent significativement le confort d’utilisation au quotidien.

Pour les besoins spécifiques comme le transport d’eau potable, les jerricans alimentaires en PEHD certifié sans BPA représentent la solution idéale. Ces conteneurs ne transmettent aucun goût ni odeur au liquide et se nettoient facilement. Ils conviennent parfaitement aux activités de plein air, au camping ou comme réserve d’urgence à domicile.


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