Le liquide de refroidissement joue un rôle essentiel dans la régulation thermique du moteur et la protection du circuit contre la corrosion. Choisir le bon type et respecter les règles de compatibilité permet d’éviter pannes et dégradations prématurées. Voici un tour d’horizon des principales familles de liquides, de leurs caractéristiques et des précautions à prendre lors du mélange.
Les grandes familles de liquides de refroidissement
On distingue trois catégories principales, chacune répondant à des besoins spécifiques selon l’âge et la conception du moteur.
Liquides minéraux (Type C ou IAT)
Les liquides minéraux, souvent appelés Type C ou IAT (Inorganic Additive Technology), reposent sur une base d’éthylène glycol (composé chimique permettant d’abaisser le point de congélation de l’eau). Ils se reconnaissent généralement à leur couleur bleue ou verte. Ces formulations contiennent des silicates et des phosphates qui protègent les métaux du circuit, notamment le cuivre et le plomb, matériaux courants dans les radiateurs anciens.
Leur durée de vie reste limitée, autour de deux à trois ans, car les additifs se dégradent progressivement. Ils conviennent surtout aux véhicules fabriqués avant les années 2000, dont les systèmes de refroidissement tolèrent ces composés inorganiques.
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Liquides organiques (Type D, G ou OAT)
Les liquides organiques, désignés Type D, G ou OAT (Organic Acid Technology), utilisent du propylène glycol (alternative moins toxique à l’éthylène glycol) ou de l’éthylène glycol associé à des inhibiteurs de corrosion organiques. Leur palette de couleurs varie : jaune, rose, orange ou rouge.
Ces formules offrent une protection anticorrosion supérieure et une longévité accrue, souvent cinq ans ou plus. Elles s’adaptent mieux aux moteurs modernes équipés d’alliages légers, d’aluminium et de plastiques techniques. L’absence de silicates et de phosphates réduit les risques de dépôts dans le circuit.
Liquides hybrides (HOAT)
Les liquides hybrides, ou HOAT (Hybrid Organic Acid Technology), combinent additifs organiques et inorganiques pour répondre aux exigences de certains constructeurs. Ils peuvent arborer une teinte jaune, rose ou violette selon les fabricants.
Cette technologie mixte vise à concilier protection rapide des métaux ferreux et durabilité des inhibiteurs organiques. Les liquides hybrides sont souvent prescrits pour des marques spécifiques (européennes, japonaises ou américaines) et nécessitent une attention particulière quant aux recommandations du constructeur.
Les normes et classifications à connaître
Plusieurs systèmes de normalisation coexistent pour encadrer les performances et la composition des liquides de refroidissement.
Normes françaises et européennes
La norme NFR 15601 définit trois types selon la résistance aux températures extrêmes. Le Type 1 gèle sous moins quinze degrés Celsius et s’évapore à cent cinquante-cinq degrés. Le Type 2 résiste jusqu’à moins dix-huit degrés et bout dès cent huit degrés. Le Type 3, le plus performant, supporte moins trente-cinq degrés et ne s’évapore qu’à cent cinquante-cinq degrés.
Spécifications constructeurs (G11, G12, G13)
Les désignations G11, G12, G12+, G12++ et G13 proviennent initialement du groupe Volkswagen et se sont largement répandues dans l’industrie automobile.
- G11 : liquide minéral bleu ou vert, adapté aux véhicules d’avant 1990, contient silicates et phosphates.
- G12 : liquide organique rouge, sans silicates ni phosphates, durée de vie prolongée.
- G12+ et G12++ : évolutions du G12, couleur rose vif, compatibilité élargie et protection renforcée.
- G13 : formule récente à base de glycérol (alcool polyvalent moins polluant), teinte violette ou mauve, compatible avec la plupart des normes antérieures.
Normes ASTM et SAE
Les normes américaines ASTM (American Society for Testing and Materials) et SAE (Society of Automotive Engineers) définissent des critères de performance, notamment en matière de résistance à la corrosion, de stabilité thermique et de compatibilité avec les matériaux du circuit. Vérifier ces mentions sur l’emballage garantit un produit conforme aux standards internationaux.
Règles de compatibilité et risques du mélange
Mélanger des liquides de refroidissement incompatibles peut provoquer des réactions chimiques indésirables, réduire l’efficacité de la protection et endommager le circuit.
Pourquoi éviter le mélange
Les additifs organiques et inorganiques peuvent former des précipités (particules solides issues d’une réaction chimique) lorsqu’ils se rencontrent. Ces dépôts bouchent les conduits, encrassent le radiateur et perturbent la circulation du fluide. Une couche de seulement six dixièmes de millimètre suffit à réduire la dissipation de chaleur de quarante pour cent.
De plus, les inhibiteurs de corrosion se neutralisent mutuellement, laissant les métaux du circuit sans protection. Résultat : oxydation accélérée, fuites et risque de surchauffe moteur.
Compatibilités possibles en cas d’urgence
Certaines associations restent tolérables sur de courtes périodes, à condition de prévoir un rinçage complet dès que possible.
- G11 avec G11 : compatible sans restriction.
- G12 avec G12 : compatible sans restriction.
- G12 avec G12+ ou G13 : acceptable en dépannage, mais déconseillé sur le long terme.
- G13 avec tout autre type : le G13 offre la meilleure polyvalence, mais respecter les dilutions recommandées reste indispensable.
- G11 avec G12 : à proscrire absolument, risque élevé de précipitation.
Procédure de changement de type
Si vous souhaitez passer d’un liquide minéral à un liquide organique, ou inversement, suivez ces étapes.
- Vidanger intégralement le circuit de refroidissement.
- Rincer à l’eau déminéralisée ou avec un produit de rinçage spécifique pour éliminer tout résidu.
- Remplir avec le nouveau liquide en respectant la dilution préconisée (généralement cinquante pour cent d’antigel, cinquante pour cent d’eau déminéralisée).
- Purger le circuit pour évacuer les bulles d’air et vérifier l’absence de fuites.
Choisir le bon liquide selon son véhicule
Le manuel d’entretien du constructeur reste la référence incontournable. Il précise la norme, la couleur et parfois la marque recommandée.
Véhicules anciens
Pour les modèles fabriqués avant 2000, un liquide minéral Type C (G11) convient généralement. Les radiateurs en cuivre et les joints en caoutchouc naturel tolèrent bien les silicates et phosphates.
Véhicules récents
Les moteurs modernes exigent des liquides organiques (G12, G12+, G12++) ou hybrides (HOAT). Les alliages légers et les plastiques techniques nécessitent des inhibiteurs de corrosion spécifiques, sans silicates.
Véhicules de luxe et sportifs
Certaines marques européennes et japonaises imposent des formulations propriétaires, souvent identifiées par des couleurs distinctives (bleu, rose). Respecter scrupuleusement ces prescriptions garantit la longévité du système de refroidissement et préserve la garantie constructeur.
Conseils d’entretien et bonnes pratiques
Un contrôle régulier du niveau et de l’état du liquide de refroidissement prévient bien des désagréments.
Vérification visuelle
Observez le réservoir de liquide, généralement transparent, pour évaluer le niveau et la couleur. Un liquide trouble, brunâtre ou contenant des particules signale une contamination ou une dégradation avancée.
Fréquence de remplacement
Les liquides minéraux se remplacent tous les deux à trois ans. Les liquides organiques et hybrides tiennent cinq ans ou plus, selon les préconisations du fabricant. Consultez le carnet d’entretien pour connaître l’intervalle exact.
Utilisation d’eau déminéralisée
L’eau du robinet contient du calcaire et des minéraux qui entartrent le circuit. Utilisez toujours de l’eau déminéralisée pour diluer l’antigel concentré ou compléter le niveau. Cette précaution évite les dépôts et prolonge la durée de vie du liquide.
Attention aux fuites
Une baisse de niveau répétée indique une fuite. Inspectez les durites, les colliers de serrage, le radiateur et la pompe à eau. Une fuite non traitée entraîne une surchauffe moteur et des réparations coûteuses.
