Traitements préventifs circuit de refroidissement : Protection anticorrosion

Équipements et entretien Publié le 24 janvier 2026

Le circuit de refroidissement subit en permanence des agressions chimiques et thermiques qui favorisent la corrosion des métaux. Sans protection adaptée, rouille, dépôts calcaires et boues s’accumulent, réduisant l’efficacité du refroidissement et provoquant des pannes coûteuses. Adopter un traitement préventif anticorrosion prolonge la durée de vie du moteur et assure son bon fonctionnement.

Pourquoi protéger le circuit de refroidissement contre la corrosion

La corrosion représente l’une des principales menaces pour les circuits de refroidissement. Elle résulte de réactions chimiques entre le liquide de refroidissement (mélange d’eau et de glycol) et les métaux du système : aluminium, cuivre, acier ou fonte. Ces réactions provoquent une dégradation progressive des composants internes.

Les conséquences de la corrosion sont multiples et dangereuses pour le moteur. Les dépôts de rouille et de calcaire obstruent les canaux de circulation, réduisant le débit du liquide et diminuant l’efficacité du transfert thermique. Cette obstruction entraîne une montée en température anormale, pouvant aller jusqu’à la surchauffe moteur. Les fuites apparaissent également lorsque la corrosion perfore les parois du radiateur, des durits ou du bloc moteur.

La corrosion localisée (attaque concentrée sur une zone précise) s’avère particulièrement destructrice. Elle provoque des piqûres profondes et des perforations rapides, même si le reste du circuit semble intact. La cavitation, forme spécifique de corrosion causée par l’implosion de bulles d’air, endommage les surfaces métalliques par érosion mécanique.

Découvrir notre gamme d’entretien moteur

Les différents types de traitements anticorrosion

Plusieurs catégories de produits préventifs protègent efficacement le circuit de refroidissement. Chacun répond à des besoins spécifiques et intervient à différentes étapes de l’entretien.

Additifs anticorrosion concentrés

Ces formulations spécifiques s’ajoutent directement au liquide de refroidissement existant. Ils contiennent des inhibiteurs de corrosion (agents chimiques formant un film protecteur sur les surfaces métalliques) qui neutralisent l’acidité et préviennent l’oxydation. Un flacon de 500 millilitres traite généralement jusqu’à 15 litres de circuit.

Ces additifs conviennent particulièrement aux véhicules anciens dont les liquides modernes ne garantissent pas une protection optimale. Ils empêchent la décomposition du glycol, responsable de l’acidification progressive du liquide, et protègent l’aluminium contre les attaques chimiques.

Liquides de refroidissement préventifs

Les liquides de refroidissement modernes intègrent dès leur formulation des additifs anticorrosion. Composés d’eau déminéralisée, de monoéthylène glycol et d’inhibiteurs, ils offrent une protection complète contre le gel, la surchauffe et la corrosion.

Trois technologies principales coexistent :

Nettoyants préventifs

Avant d’appliquer un traitement anticorrosion, le nettoyage du circuit s’impose. Les nettoyants détartrants éliminent les dépôts existants (rouille, calcaire, boues, résidus d’huile) qui empêchent l’adhésion des inhibiteurs. Sans acide agressif, ils respectent les joints, durits et métaux tout en rétablissant l’efficacité du système.

Un litre de nettoyant traite des circuits jusqu’à 25 litres. Après application et rinçage abondant, le circuit est prêt à recevoir le traitement protecteur.

Comment appliquer un traitement préventif anticorrosion

L’efficacité d’un traitement anticorrosion dépend autant de la qualité du produit que de la rigueur d’application. Suivre une méthode précise garantit une protection durable.

Préparation du circuit

Commencez par vérifier le niveau et l’état du liquide de refroidissement. Une couleur brunâtre, une odeur inhabituelle ou des particules en suspension indiquent une contamination nécessitant un nettoyage complet. Vidangez le circuit en ouvrant le bouchon de purge situé sous le radiateur, moteur froid.

Remplissez ensuite le circuit avec le nettoyant dilué selon les recommandations du fabricant. Faites tourner le moteur au ralenti pendant 30 minutes, commande de chauffage en position maximale, pour atteindre environ 60 degrés et permettre au produit de circuler dans tout le système.

Rinçage et application du traitement

Vidangez le nettoyant et rincez abondamment à l’eau claire jusqu’à obtenir une eau de sortie parfaitement transparente. Ne laissez jamais le produit sécher sur les surfaces métalliques. Un rinçage insuffisant compromet l’efficacité du traitement suivant.

Remplissez le circuit avec le liquide de refroidissement neuf ou ajoutez l’additif anticorrosion concentré au liquide existant. Respectez scrupuleusement les dosages : un surdosage n’améliore pas la protection et peut déséquilibrer la formulation.

Contrôles post-traitement

Après application, purgez l’air du circuit en desserrant légèrement les vis de purge situées sur les points hauts. Vérifiez l’absence de fuites au niveau des raccords. Contrôlez le niveau après quelques jours de fonctionnement et complétez si nécessaire.

Erreurs fréquentes à éviter

Mélanger différents types de liquides de refroidissement sans vérifier leur compatibilité provoque des réactions chimiques néfastes. Les additifs peuvent précipiter, formant des boues qui obstruent le circuit. Privilégiez toujours un liquide universel ou respectez les préconisations constructeur.

Utiliser de l’eau du robinet pour diluer le liquide de refroidissement introduit des minéraux (calcium, magnésium, chlorures) favorisant le calcaire et accélérant la corrosion. Seule l’eau déminéralisée convient pour préserver l’efficacité des inhibiteurs.

Négliger la fréquence de remplacement constitue une erreur courante. Les inhibiteurs de corrosion s’épuisent progressivement. Un liquide IAT perd son efficacité après deux à trois ans, même si le niveau reste correct. Respecter les intervalles d’entretien prévient les dégradations irréversibles.

Ignorer les signes avant-coureurs aggrave les problèmes. Une température moteur anormalement élevée, des traces de liquide sous le véhicule ou une baisse régulière du niveau signalent un dysfonctionnement nécessitant une intervention rapide.

Bénéfices d’une protection anticorrosion régulière

Un entretien préventif du circuit de refroidissement réduit considérablement les risques de panne. Les composants protégés conservent leur intégrité, évitant les remplacements coûteux de radiateur, pompe à eau ou durites. La longévité du moteur s’en trouve prolongée.

Le maintien d’un circuit propre et protégé optimise le refroidissement. Le transfert thermique s’effectue sans entrave, maintenant la température moteur dans la plage idéale de 75 à 95 degrés. Cette stabilité thermique réduit l’usure des pièces mécaniques et améliore les performances.

La prévention anticorrosion limite les interventions d’urgence et les immobilisations imprévues. Un circuit sain nécessite moins de maintenance corrective, générant des économies substantielles sur le long terme. La fiabilité du véhicule s’améliore, garantissant une utilisation sereine.

Enfin, la protection environnementale bénéficie également de cet entretien. Un circuit étanche évite les fuites de liquide de refroidissement, substance toxique pour les nappes phréatiques et les écosystèmes. La réduction des déchets liés aux remplacements prématurés de composants contribue à une approche plus durable de l’entretien automobile.


Partager l’article